Dystopie…

Tout va bien, merci.

Présomption d’enculade.

C’est au moins ça et ça ne s’invente pas :

Mettre fin à la suspicion qui pèse sur les forces de l’ordre lorsqu’elles font usage de la force, en créant une présomption de légitime défense.

J’aurais toujours une espèce de curiosité malsaine [en plus du reste] à aller zieuter ce qui se passe dans la cuisine de not’ Marine-Nationale-Bien-d’Chez-nous. C’est un peu comme regarder l’intérieur d’un composteur en espérant y voir, comme sur Arte en accéléré, la décomposition à l’œuvre et ce qu’il en sortira. L’odeur et les mouches en moins…quoi que.

Bref, c’est en parcourant la partie Sécurité et Justice du clan d’en face que je suis retombé sur cette perle initié il y a X temps par Jean-Marie « Papa » Le Pen.
Relisons.

« Mettre fin à la suspicion qui pèse sur… » Attendez, on va où là?

Hop, demi-tour pour repartir à une vieille interview [dont je suis incapable de retrouver le où, le quand et le « par qui »] remontant à l’époque où Le Pen père était encore à la tête du parti. Comme quoi, le projet ne date pas tout à fait d’hier…et les problèmes qui y sont rattachés non plus [comme on tente de nous l’faire gober à plus-ou-moins chaque fois].

La représentante du FN nous le dit :

Les forces de polices sont là pour assurer la sécurité de la société toute entière. […]nous [le FN] ne pensons pas que la police soit un ramassis de cow-boys[…] si nous arrivions à recréer un respect vis-à-vis des forces de police, tout le monde aurait à y gagner […]

Très bien. Adjugé vendu. Pas que j’sois du genre à tendre gaiment l’bras droit, rassurez-vous mais avec ça, j’suis d’accord.
Entendez par là que (1) protéger c’est normalement la mission des forces de l’ordre, que (2) même si j’suis intimement convaincu que la police c’est comme une chaise-roulante [on préférerais largement s’en passer], dans une société qui s’est scié les gambettes…il en faut quand même une et que s’il y avait dans leurs rangs une majorité d’enfoirés, je suis convaincu qu’on en entendrait ô combien plus parler. Enfin (3) en effet, petite tautologie de Mme Le Pen, « si ça s’passait mieux avec les flics, et ben ça s’pass’rait mieux.. » [avouez que je n’suis pas si loin de l’original].

Cependant, comme d’habitude [et comme vous l’avez entendu dans cette interview], on s’attaque avec cette proposition à la conséquence et non à la cause tout en réduisant encore [cf. Défenseur des droits] la marge de manœuvre  qu’a tout un chacun lorsqu’il souhaite déposer plainte contre un policier/gendarme.

De base, porter plainte auprès d’un policier/gendarme contre un autre policier/gendarme c’est demander à quelqu’un de se tirer dans le pied : peut d’chances que ça marche. Le fonctionnaire refusera de prendre votre plainte [vécu], la prendra et la passera sous vos yeux dans la corbeille [idem] ou bien la fera suivre sachant qu’elle se perdra/classera sans suites…sauf intervention médiatique ou cas grave [avec des peines « légères » ici et ici mais c’est un autre sujet].

Quis custodiet ipsos custodes? Comme dirait l’autre.
J’garde les yeux ouverts et, même si je suis bien conscient que la violence [de quelque nature qu’elle soit mais mesurée et proportionnelle] est nécessaire au fonctionnement même de la Police, j’peux pas m’empêcher de m’dire qu’étant dépositaires de l’autorité de l’Etat, qu’étant initialement chargés de nous protéger, que bénéficiant de droits/pouvoirs étendus inhérents à leur fonction…ils devraient être drastiquement contrôlés, encadrés et sanctionnés en cas de faute. Et sur la même ligne, Mr. Tout-l’monde devrait avoir les moyens de se retourner contre l’Institution en cas d’abus/manquement/faute.

Pour qui pisse contre le vent…
et ben avec le Fion National : peau d’zob, et vous en r’prendrez bien un bout. Les policiers/gendarmes faisant usage de la force devraient, car fonctionnaires assermentés agissant normalement pour le bien commun…être considérés d’office en cas de litige comme dans leur bon droit ET répondant à une agression.
Vous vous êtes pris des gnons/balles/décharges/gaz…c’est donc que vous avez forcément attenté à l’intégrité physique de ceux qui vous en ont mis dans la gueule et en plus, avec ce principe de proportionnalité, plus vous êtes dans un état grave…plus vous l’avez cherché. Allez hop, c’est plié.

Alors certes, je n’sais foutre rien du caractère irréfragable ou non de cette présomption de légitime défense que l’on peut raisonnablement penser qu’elle sera simple [qui peut être réfutée] que donc, aller…les bavures/fautes/manquements et autres  seront toujours sanctionné(e)s [je ris et vous invite à lire le rapport 2009 de la future feu-CNDS, c’est déjà édifiant].
Pourtant, comment ne pas hurler et avoir peur quand on nous propose de régler un problème aussi grave [ici le manque de confiance en nos forces de sécurité/la violence policière illégitime] en nous interdisant tout simplement de poser la question?

Une meilleure formation et sélection des policiers/gendarmes [évitons de prendre des néandertals heureux d’aller casser du jeune-pédé-juif-gauchiste-étudiant-arabe-congolais], un meilleur contrôle et encadrement [les gardiens sont gardés] accompagné d’une réelle fermeté envers les fautifs [plus de pouvoirs = plus de responsabilités = plus grave est la chute].

Moi ça m’fait flipper.
J’renifle l’idée aussi brune que le fond d’couche d’un nourrisson [pour éviter le commun rappel aux chemises d’une autre époque] et présume par la même occasion d’une systématique volonté FN d’enculade à sec sous couvert de psychose républico-sécuritaire [mais toujours laïque :=)].

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13 commentaires sur “Présomption d’enculade.

  1. Janine
    7 avril 2011

    Cette photo me fait froid dans le dos… tout comme le « projet ».
    et l’expression « ramassis de cow-boys » est assez peu heureuse… ou alors ils essayaient de faire dans la poésie surréaliste…?

    • La Tâche
      7 avril 2011

      L’expression est bien choisie : froid dans le dos. Comme le cuir d’une matraque laissée à l’air libre trop longtemps.
      Maintenant, je ne pense pas qu’ils passeront…la mesure c’est une autre chose. Et je ne peux m’empêcher de ralier les « cow-boy » à Walker Texas Ranger, dans son côté sale. :=)

      Quoi qu’il en soit, merci d’avoir pris le temps de lire [et de réagir!].

  2. Teg
    7 avril 2011

    Note que dans l’idée, le FN ratiboise là où ca passe sans raper ou écorner les zones sensibles. Chez la flicaille (qui se prend des poutrelles matérielles et idéologiques dans le fondement continuellement) c’est encore plus simple que de retrouver des marmots dans le plumard d’un prêtre irlandais.

    On voit bien que cette manoeuvre est des plus grossières.

    Au delà, on imagine le plaisir d’impunité qui pourrait sortir d’une bascule sur les extrêmes d’un système de « protection ». Comme quoi la vertu n’est pas de ce monde, et a priori elle ne se trouve pas non plus dans l’éthique, la bande à Boutin peut témoigner à la barre.

    Par contre, limite absolue du système d’Etat tel que nous le connaissons, l’individu un moment donné ne se reconnaît plus dans la définition Wébérienne moderne de l’Etat et une fois que la dernière peur nous est arrachée (game over le contrat social rousseauiste), que devient-il à part un boulet démocratique ? Tyrannie de la majorité disait déjà Tocqueville. Merci papi… Et paradoxe de l’identité. On en ferait avoir des priapismes aux doux clairons de l’absolu respect, Guéant en tête. Un truc à remettre le jean à la mode au gouvernement… Les jeunesses de l’UMP qualifieront cela de Révolution, comme quoi le poids des mots n’empêche pas le choc de l’info !!

    On disait quoi déjà ? Ah oui, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. J

    Je voudrais pas paraître pénible, mais ca pourrait devenir fatiguant.

    • La Tâche
      8 avril 2011

      Certes, les mecs tapent sur ce coup en terrain conquis [sans vouloir dire que « tous des fachos, c’est flics »], sur thème revus et réchauffé.
      Ce qui me fait plus peur, c’est l’absence de commentaire et de réaction « en face » [même si la gauche est, de base, complètement absente de la boite à troubadours].

      A côté de ça, Weber [si ma mémoire de minuit est bonne], parle de l’Etat comme étant le seul à avoir le droit de faire usage de violence…de fait, j’vois pas ce que tu entends par « ne se reconnais plus dans… ».

      Je laisse cependant Guéant et la leadeuse du PDC de côté : j’me les réserve pour la suite.

      • Patapompon
        8 avril 2011

        Pour ma part, j’ose espérer que l’absence de réaction est plus dû à l’idée selon laquelle il ne vaut mieux pas répondre pour ne pas prêter plus d’attention qu’elle n’en mérite à Marine Le Pen dont le parti n’existe médiatiquement que par ses dérapages, plutôt qu’à une volonté de ne pas se mettre une partie de l’électorat policier à dos en refusant ce genre de discours et de concepts fumeux.
        Mais il est à craindre que la deuxième option soit en partie responsable…. :/

        Y a qu’à voir la réaction des flics à la question posée par Jean-Jacques Urvoas à Claude Guéant sur le trafic d’heures de délégation. Le « Retire cette question si tu veux être un jour ministre de l’Intérieur », bien qu’anecdotique, est à mon avis assez emblématique du poids que peuvent jouer les déclarations caressant la Police dans le sens du poil… et du risque qu’il y a à refuser publiquement ce genre d’avances.

      • Teg
        9 avril 2011

        Et bien je pense que de nombreux mouvements naissent avec une remise en cause de l’Etat dans son fondement principal, son essence presque, à savoir 1 organisation sociale subjective et la défense de ce dernier.

        Des communautés s’organisent sans l’aide de l’Etat (cf Argentine ou communautés autogérées européennes, même à leurs débuts les kibboutzs israéliens) et posent la réalité moderne de ce dernier.

        A dire vrai la réflexion sur l’Etat-Nation s’est endormie avec la conviction que la démocratie était le modèle politique absolu. Mais qu’on ait mélangé un système politique moderne (la démocratie) avec un concept idéologique archaïque (l’Etat-Nation) ne semble pas gêner nos chantres de la modernité qui résolvent l’équation avec la pirouette du respect et de la sécurité. L’Etat Nation est peut être une conception tellement surannée qu’elle ne parvient même plus à mobiliser. Même la religion fait mieux, c’est dire l’avenir des sbires du Vatican…

        Du coup, l’usage de la violence n’apparaît plus légitime. Quand des agriculteurs font du Bio avec le label Demeter et qu’ils se regroupent en communautés autogérées, ils ne comprennent pas la sanction étatique qui leur court aux fesses pour les faire rentrer dans le rang.

        L’élément central de la doctrine wébérienne c’est l’aspect « légitime » de la violence. Au départ c’est une conception qui envisage l’Etat comme incontournable, comme nécessaire à la communauté humaine. « En dehors de la Cité, il n’y à que des Dieux ou des barbares. » pour reprendre la phrase grecque. Mais désormais l’idée de légitimité devient légitime seulement pour le pouvoir lui-même, dans le seul but de sauvegarder ses intérêts. Il y à là un glissement idéologique de taille. Les actions irrationnelles deviennent ainsi cette forme de résistance à une légitimité qui n’est plus pour le peuple (pour le protéger des dangers extérieurs : contrat rousseauiste) mais pour le pouvoir, dans son élan de domination absolue (organiser finalement c’est aussi dominer).

        Les superbes révolutions dans le monde arabe sont un exemple réel de cela. Mais avec une nuance de taille. Les anciens gouvernants reviendront aux affaires très vite et les gouvernés qui espéraient pouvoir atteindre une partie de la domination sociale, redeviendront des maillons de la chaîne. Bref, ce ne sera rien du tout et le NPA est bien naïf (pour certains) de croire au printemps des peuples.

        La fin de la doctrine wébérienne de puissance légitime et absolue (Weber a oublié ce fait mais il est central aussi. Ce qui fait l’Etat c’est sa capacité à mobiliser une force absolue et l’on voit bien dans les guerres civiles que l’Etat n’est plus quand une force opposée lui oppose une force supérieure à la sienne) passera forcément et immanquablement par une forme de résistance sanglante.

        Cela pose du coup le problème inédit qui est : comment peut on penser un régime politique en dehors d’un concept culturel qui nous étreint chaque jour : l’Etat nation ? Or on ne peut penser de nouveaux régimes sans détruire au préalable cette idéologie.

        Et c’est une chose qui se passe actuellement. les Communautés autogérées sont une forme de rejet de l’Etat-Nation.

        J’en conclus donc que le principe de domination n’est plus un élément fédérateur. L’aspect culturel pas forcément non (ou trop instrumentalisé). La foi reprend un peu du service mais elle connaîtra elle aussi un affaissement. Du coup que reste-t-il ? Pour l’instant que les communautés autogérées, mais je ne suis pas sûr que tous les esprits soient prêts à l’accepter …

      • La Tâche
        21 avril 2011

        @Teg : Désolé de répondre si tard l’ami, aussi fou qu’ça puisse paraitre, j’avais pas vu tes pavés ^^.

        Bref, pour le coup, tu as complètement répondu à ma question, même trop pourrais-je dire [rassures toi, j’suis loin d’men plaindre :=)].
        Bref, je comprends [même si j’dois être un des rares à pouvoir te lire sans avoir à fouiller des bouquin et sans avoir mal au crâne ;)] maintenant ce que tu entendais par « l’individu [..] ne se reconnait plus dans la définition Weberienne de l’Etat moderne » et c’est plus que juste.

        Je trouve cependant Religion et concept d’Etat-Nation peu comparables [même si je vois où tu veux en venir]. Le caractère transcendant [puisqu’on parle de Kant] de la première l’absout de toute nécessité de justification ou de compréhension rationnelle/ »scientifique » [sic] alors que le second doit forcément être compris pour être pleinement admis [tout spécialement lors de sa remise en cause].
        Tu soulignes aussi le problème majeur d’évolution d’une société [la notre, pour le coup] quand tu parles de concept « culturel qui nous étreint chaque jour » tout en y apportant la solution lorsque tu parles de son echec [du système actuel].
        Car au fond, le problème n’est pas de « penser à autre chose » mais d’avoir à le faire et [ironie du sort] seul ledit système peut nous pousser à le faire lorsqu’il « nous » oblige à le remettre en question.

        A côté de ça je crois [mais j’peux m’tromper] que tu as mal compris ce que voulais dire Kant. Ce n’est pas le nombre qui fait le caractère objectif d’une idée mais l’inverse et n’est objectif que ce qui peut être considéré [sans sortir de la Raison et de la Morale] comme une loi universelle et n’est universel que la Loi Morale.
        De fait, ce que tu décris n’est pas l’objectivation réelle d’un concept mais bien la somme des motivations subjectives individuelles d’une masse de con qu’on tente de faire passer pour « objectif ». La fameuse loi du nombre [« on est plein, donc on a raison »] à laquelle tu fais d’ailleurs deux références, avec Belmondo et en rappelant que « c’est la somme d’intérêts individuels vaguement commun […] qui fait l’intérêt collectif ».

  3. Patapompon
    8 avril 2011

    Dans le genre « Quis custodiet ipsos custodes ? », c’est valable pour les flics eux-mêmes parfois. Le procureur de Meaux a « oublié » de traiter la plainte déposée par trois CRS antillais contre leur capitaine, qui les saluait le matin par un comique « Ça va, les Banania ? ». Et, Ô tristesse pour le Procureur, cet oubli d’enquêter ou de poursuivre dans les trois mois suivant le dépôt de plainte l’a obligé à classer l’affaire sans suite.

    [Source diffamatoire pour le Ministère de la Justice et la Police nationale-vos papiers-bonjour : « Le Canard Enchaîné » du 6 avril 2011]

    Comme quoi, on peut se trouver du bon côté de la matraque sans être forcément mieux loti lorsqu’il s’agit de porter plainte contre les représentants de l’Ordre.

    • La Tâche
      8 avril 2011

      Ouaip, je sais, pour « suivre » Deni de Justice.
      Je l’ai volontairement laissé de côté dans le post car étant [à ma connaissance et même s’il doit en exister d’autres] cas relativement isolé et donc [décision purement arbitraire] quantité négligeable.
      En même temps, pour traiter de la « justice » dans son ensemble, j’aurais également dû inclure les autres acteurs [magistrature par exemple]…et ça m’aurait ris vachement de temps. 😉

      Difficile cependant de ne pas être d’accord avec toi quand tu dis :

      Comme quoi, on peut se trouver du bon côté de la matraque sans être forcément mieux loti lorsqu’il s’agit de porter plainte contre les représentants de l’Ordre.

      • Patapompon
        8 avril 2011

        Je ne peux qu’approuver lorsque tu dis que ça reste marginal, comparé aux très nombreux cas où la plainte émane de citoyens lambda ayant eu à subir les brimades discriminatoires, verbales ou physiques, des messieurs-en-uniforme (ou en brassard). Je trouve juste ça assez symptomatique de la difficulté qu’il peut y avoir à mettre en cause la hiérarchie policière (ou militaire, les gendarmes sont pas non plus exempts de tels dérapages*)

        * Sans tomber dans le discours ACAB, j’en viens toutefois à me demander pourquoi je parle encore de dérapages, quand il semblerait que ce soit devenu la norme (+ ou – vrai selon le quartier de résidence, mais tout de même)…

      • La Tâche
        8 avril 2011

        Moi j’me dis que ce n’est que « normal ». Les Hommes-En-Bleu étant la représentation la plus visible/présente/directe de l’Etat…Remettre en cause c’est admettre que l’Etat peut-être mauvais [Ciel! Mon mari!]. Constat d’échec que l’on refuse de faire mais qui pousse à demander à un gamin de ne pas e bruler au lieu de couper le feu…

        Dans un système politique ou l’on nivèle par le bas [« Regardez, au Boukhistan ils n’ont pas l’eau, ils font avec non? »] mais ou l’on monte/surnage seulement en écrasant l’autre [« Regardez la brindille dans son oeil!…Hein? Comment ça la poutre dans le mien ? »]…le besoin de montrer patte blanche est maladif et omniprésent.

  4. Teg
    9 avril 2011

    Je ne sais pas si on nivèle vers le bas, mais le système ne peut ingurgiter toute la population dans une réussite merveilleuse homogène. Et de toute façon pour 1 décideur il faut bien 1 exécutant, règle de base du productivisme et surtout de la perception sociale.

    Imaginez Dieu obligé de se mirer les panards car il n’y à personne pour lui torcher l’arrière train. Ca fait désordre dans l’univers quand même…

    Tout comme l’idée de croissance continue est faux. Mais le court terme est plus rassurant que le long terme (on peut remplacer court terme par intérêt personnel et long terme par intérêt plus universel). Et pis dans la logique de bonheur, on a mis individuel mais cela a été mal compris. A la base, la notion de bonheur individuel c’est un moyen de différencier la tyrannie de la majorité des désirs individuels. De nos jours c’est la somme d’intérêts individuels vaguement commun (ex : les partis politiques…) qui fait l’intérêt collectif, non l’essence de l’intérêt collectif justement. Et peut être heureusement d’ailleurs, je ne saurais trop le dire.

    Comme disait Kant lorsque l’on veut proclamer une vérité universelle, il faut :
    universaliser le concept et par là même « l’objectiviser ». L’on sort du subjectif pour passer dans l’objectif donc dans le domaine de la vérité. Et pour passer du subjectif à l’objectif il suffit que plusieurs millions de personnes soient d’accord sur un même concept. Car deux péquins c’est une minorité et donc une idée à la con, alors que 50 millions de débiles c’est une majorité et forcément une idée bonne. Ca me rappelle une réplique d’un film de Belmondo qui est ben vraie : « Ce n’est pas parce que 50 millions de personnes font la même connerie que ce n’est pas une connerie. ».

    ex : mourir pour la patrie. Notion subjective individuelle à la base (non ce n’est pas une donnée idéologique naturelle ou innée de crever pour une nation). Sur 100 personnes, un tribun parvient à en convaincre 80 que c’est normal, inhérent à toute construction sociale. Du coup l’idée sort de la subjectivité (de ce tribun) pour passer dans le monde commun, et ne se discute plus. Elle devient quasiment objective, normalisée. Etre un citoyen c’est sacrifier son existence, c’est être supérieur aux autres moralement parlant (ou plus con ça dépend). Bref, par sa vulgarisation l’idée est objectivée et donc devient une vérité. A la citoyenneté est accrochée l’idée de dévotion à la patrie. Aux responsables politiques l’amusement de voir des couillons se faire poutrer le fion au front et aux pecnots de la base, la gloire d’être estropié ou tué pour avoir le droit … de vivre tout simplement. Le pire c’est que quand Jaurès démontre la futilité du concept, il en devient un traître même pour les populos, alors que justement il voulait éviter que les gens se fassent caner comme des bête d’abattoir.

    Il n’avait pas compris que pour combattre l’idée de sacrifice (lui il utilisait la catégorie sociale universelle marxiste) il fallait avant tout délier citoyenneté et sacrifice en luttant contre l’objectivité de la notion.

    cqfd théorique, dans la pratique c’est pas ben facile…

    Bon je vais me chercher à boire ca donne soif tout ça…

    • La Tâche
      21 avril 2011

      @Teg : Désolé de répondre si tard l’ami, aussi fou qu’ça puisse paraitre, j’avais pas vu tes pavés ^^.

      Bref, pour le coup, tu as complètement répondu à ma question, même trop pourrais-je dire [rassures toi, j’suis loin d’men plaindre :=)].
      Bref, je comprends [même si j’dois être un des rares à pouvoir te lire sans avoir à fouiller des bouquin et sans avoir mal au crâne ;)] maintenant ce que tu entendais par « l’individu [..] ne se reconnait plus dans la définition Weberienne de l’Etat moderne » et c’est plus que juste.

      Je trouve cependant Religion et concept d’Etat-Nation peu comparables [même si je vois où tu veux en venir]. Le caractère transcendant [puisqu’on parle de Kant] de la première l’absout de toute nécessité de justification ou de compréhension rationnelle/ »scientifique » [sic] alors que le second doit forcément être compris pour être pleinement admis [tout spécialement lors de sa remise en cause].
      Tu soulignes aussi le problème majeur d’évolution d’une société [la notre, pour le coup] quand tu parles de concept « culturel qui nous étreint chaque jour » tout en y apportant la solution lorsque tu parles de son echec [du système actuel].
      Car au fond, le problème n’est pas de « penser à autre chose » mais d’avoir à le faire et [ironie du sort] seul ledit système peut nous pousser à le faire lorsqu’il « nous » oblige à le remettre en question.

      A côté de ça je crois [mais j’peux m’tromper] que tu as mal compris ce que voulais dire Kant. Ce n’est pas le nombre qui fait le caractère objectif d’une idée mais l’inverse et n’est objectif que ce qui peut être considéré [sans sortir de la Raison et de la Morale] comme une loi universelle et n’est universel que la Loi Morale.
      De fait, ce que tu décris n’est pas l’objectivation réelle d’un concept mais bien la somme des motivations subjectives individuelles d’une masse de con qu’on tente de faire passer pour « objectif ». La fameuse loi du nombre [« on est plein, donc on a raison »] à laquelle tu fais d’ailleurs deux références, avec Belmondo et en rappelant que « c’est la somme d’intérêts individuels vaguement commun […] qui fait l’intérêt collectif ».

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Cette entrée a été publiée le 6 avril 2011 par dans Les Affaires de la Ville, et est taguée , , , , , , , .

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