Dystopie…

Tout va bien, merci.

Pourquoi je n’irais pas à la Gay Pride, et pourquoi je l’emmerde.

L’auteur se réserve le droit d’être lourd et bas-du-front.

 

Ceux qui me connaissent savent que je n’en ai strictement rien à carrer. Pourtant, je reçois depuis quelques jours pleins d’invitations de « connaissances » pour y aller « en groupe ».
Alors bon, je pensais ne pas répondre mais quand j’ai entendu ça ce matin en allant au boulot :

« Tiens, tu vas à la gay pride toi?
– Bof non, j’ai rien à y foutre.
– T’es contre les gays? »

…j’me suis dit que ça méritait au moins un petit mot.

Alors, pourquoi est-ce que je n’y vais pas? Pourquoi est-ce que j’emmerde cet évènement? Et pourquoi, donc, est-ce que je pense que toutes personne sensée devrait éviter le défiler [quitte à monter autre chose à côté].

Pour commencer, outre le fait que j’aurais sans doute quelque chose de mieux à faire quelque part, outre le fait que l’homosexualité [et toutes les autres] j’suis ni contre, ni pour mais que je n’en ai tout simplement rien à carrer….le nom me démange méchamment [et par extension, l’idée que ça laisse supposer].

Pride.
Fierté.

Y a rien qui vous gène? J’veux dire, c’est quoi cette histoire de fierté? Ça sort d’où? Ça se justifie comment?
Non parc’que être fier de quelque chose qu’on a réalisé OK. Être fier d’assumer un choix conscient et libre…adjugé vendu.
Être fier de quelque chose qu’on a pas choisi et qui s’impose à nous : not so much. Si on va par là, je suis fier d’être myope et d’avoir une tâche de naissance sur la fesse droite. Je suis fier d’être maghrébin et fier d’être hétéro.
Et puis merde! C’est quoi ce manichéisme primaire : « t’es contre les gay? Non. Ah, alors t’es pour eux? »…Ya Hmal! Comme on dit chez moi. C’est quoi être pro-gay? Penser, selon le même schéma que ceux qui son « contre », que tout le monde devrait l’être?
Autant être fier d’être con et pour les cheveux blonds.

Si on est tous d’accord pour dire qu’on ne choisit pas sa sexualité mais qu’on ne fait que l’assumer [ou pas] au moment où elle se présente à nous, on est tous d’accord pour dire qu’en être fier ne rime à rien. Partant de là, j’entends déjà certain(e)s me redire ce qu’on m’a déjà rabâcher, à savoir :  « ouais mais attends, c’est dur d’être homo’ et c’est dur d’assumer publiquement tu vois. Alors normal d’être fier de le faire ».

Sans vouloir enfoncer des portes ouvertes  [sic], je vous demande [à vous qui me lancez ça] ce que votre sexualité a à foutre dans la sphère publique. J’veux dire, y’a autant d’chance de voir de mecs s’enfiler dans la joie et la bonne humeur dans un métro en pleine heure de pointe, ou deux nana s’astiquer la foufoune à 17:00 dans un supermarché que de voir un couple hétéro’ se partouzer sur Paris Plage avant d’aller au boulot. Vu que le cul de chacun(e) ne concerne que elle/lui-même et ceux qui y touchent y a déjà rien à assumer aux yeux du monde.

Ce qui m’amène au second problème que moi, hors du mouvement, je remarque : la stigmatisation et l’ostracisme dont se rendent eux-même victimes ceux et celles qui organisent [et à moindre mesure, participent discrètement] ce défilé.

Le message que je retiens de tout ce cirque c’est « Les même droits pour tous! Mais regardez bien comment qu’on est pas comme vous! ».
Tu m’étonnes Simone. Les quelques fois où, plus jeune, j’y foutais les pied je restais toujours dans une énorme incompréhension de ce qui se passait et du « pourquoi » de la chose. Des chars, des gens qui tripent, de la bonne humeur, de la musique…OK, très bien.
Mais, dit maman, pourquoi sur les camions y a que des Monsieurs presque tout nus qui font semblant [on l’espère] de s’la carrer dans l’oignon?  Pourquoi y a que des gens tous musclés/épilés/huilés/validés-par-les-standards? Maman, pourquoi y a pas de moches visibles et est-ce que ça veut dire que tous les homosexuels du monde ils font l’amour/baisent compulsivement tous les jours sans rien faire d’autre? Heu….pourquoi la madame elle a fait la gueule quand tu as refusé de lui rouler une pelle?

Paye ton gros doute sur la crédibilité de la chose et tes grosses questions sur la soi-disant « hétérogénéité »/ « Tolérance » affichées. Je me demande sincèrement ce que la Gay Pride fait de tous ceux qui ne cassent les couilles à personne et ne se posent pas la question de savoir comment leur voisin prendra la leur Gay-itude puisqu’ils n’iront jamais la crier sur tous les toits. Je me demande sincèrement quelle part de la population gay/trans/autres  représente réellement ce zoo et quelle image de ladite population il veut donner. Ou sont les moches? Ceux qui ne s’habillent pas avec un gant de toilette? Ceux qui n’écoutent pas Radio FG et ceux qui ne passent pas leur vie en boite à ‘touze? Et les sentiments dans tout ça?

Qu’est-ce qu’on peut bien espérer des « gens normaux », comme on les appelle, quand on fait tout pour les choquer et leur faire bien comprendre qu’on a rien avoir avec eux? C’est le même problème que rencontrent tous ceux qui se foutent eux-même en marge mais ne l’acceptent pourtant pas….du jeune de tess qui refuse de quitter son survêt’/basquettes/casquette pour un entretien et s’emporte parc’qu’il à pas le job au keupon à deux pesos [heureusement, pas tous] qui te hurle tout fier que « la société est pourrie mec. Moi j’vis seul tu vois, j’suis sortit du système et j’y retournerais jamais » avant de te d’mander 2€. No Future les mecs. Pour les uns comme pour les autres.

Enfin, reste la récupération politique.
Il est acquis que nos politicars sauteront sur la moindre occasion de faire du buzz mais l’on pourrait au moins attendre un peu plus d’intelligence des orga’ et quand j’vois une bite géante estampillée PCF dans le cortège de chars j’ai besoin de deux secondes pour assimiler la bêtise de la bête.
Qu’est-ce que votre vie sexuelle peut bien avoir à faire d’un parti politique? J’veux dire, faut être gay pour rentrer au PC ou est-ce qu’il faut être au PC pour être gay?
Qu’on m’explique, j’attends.

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Alors non, j’ai rien contre ou pour les homo-trans-bi-multi-ABS-3G-parfum-vanille. Je m’en contre fou, parc’que la sexualité des gens ne me regarde pas. Je m’en comme de tout ou presque tant que ça n’influe pas sur ma vie.

Par contre j’ai vraiment tout contre les cons et il est, de fat, hors de question que j’aille défiler avec eux.

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18 commentaires sur “Pourquoi je n’irais pas à la Gay Pride, et pourquoi je l’emmerde.

  1. Joyce
    19 mai 2011

    Affirmer sa sexualité dans la sphère publique c’est pas forcément « s’enfiler dans la joie et la bonne humeur dans un métro en pleine heure de pointe, […] s’astiquer la foufoune à 17:00 dans un supermarché, […] se partouzer sur Paris Plage avant d’aller au boulot ». Je suppose que tu seras d’accord avec moi. Affirmer sa sexualité dans la sphère publique (même si à priori elle a pas grand chose à y faire) c’est aussi tenir la main de notre petit(e) ami(e), avoir une attitude qui laisse à penser que… etc. Seulement quand des LGBT le font bah souvent ça passe pas. Et quand je me fais ce constat je me dis qu’il y a du travail.
    La gay pride peut être un moyen comme un autre. Okay c’est pas parfait, mais la gay pride c’est pas SEULEMENT des mecs à poils dans les chars en train de se balancer des capotes ou autre. Y’a aussi des associations qui militent toute l’année activement pour les droits des LGBT qui y viennent parce que c’est une façon de gagner en visibilité etc.
    Et lisant ton article on a aussi l’impression que tout ça finalement c’est qu’une question de sexe et qu’on préfère faire des trucs avec une nana ou avec un mec ça regarde que nous et notre partenaire, ouais mais y’a l’amour dans tout ça. Et l’amour on a souvent envie de l’affirmer tous les jours!

    • La Tâche
      19 mai 2011

      Comme je l’ai dit : je me réserve le droit d’être bas-du-front.

      Quoi qu’il en soit, tu soulignes dans ton dernier paragraphe tout ce que je dénonce dans cet évènement [j’aurais au moins réussis mon coup] et tout ce que j’en retiens si je ne réfléchis pas un poil plus loin que le bout de mon nez.

      Quant aux associations qui militent intelligemment toute l’année, elles gagneraient [je pense] en crédibilité en ne s’associant pas avec le Cirque Zavata.

  2. La Tapette
    19 mai 2011

    Je suis d’accord avec Joyce sur le fait qu’on demande juste de pouvoir tenir la main à notre partenaire sans risquer de se faire casser la gueule.
    J’aimerais aussi qu’on ne me juge pas sur ma gueule de minet et qu’on m’agresse à cause de cela dans la rue.

    Par contre, revendiquer la paix dans la rue en exibant des godes géants et des mecs huilés… WTF ?! Sans compter la normalisation extrême des corps imposés par les gays : si tu n’es pas Ken de la pub gilette Mach3, t’es foutu au placard, si tu as plus de 25 ans, t’es passé de date. Sans compter l’hétérophobie notoire (et ridicule)

    Perso, je suis fier de savoir aligner deux mots de français, fier de mes beaux cheveux (bah quoi ^^) fier d’avoir de super potes qu’ils soient LGBT ou pas, fiers d’avoir sauvé des animaux grâce à des assos de protection animale. Après, être fier de ma sexualité ? Bouarf ! Surtout quand on voit la biphobie de certains milieux LGBT (et la transphobie aussi tant qu’on y est) je me demande où se place la fierté. Fier d’être obtus et intolérant ? J’me marre.

    Certes, j’aimerais vraiment pouvoir marcher dans la rue sans me faire traiter de pédale ou de gouinasse (pas chercher à comprendre) mais je pense que ce n’est pas en exhibant une différence énorme qu’on parviendra à s’intégrer sans problème. Là, ça fait plus flipper le citoyen lambda qu’autre chose.

    Alors oui, il y a des chances que j’aille à la pride, dans mon petit coin à moi, rappeler que mon état-civil n’est pas conforme à mon aspect, rappeler que ça me concerne moi, et personne d’autre, rappeler que ce n’est pas normal que je doive être stérilisé pour avoir le droit d’avoir un monsieur sur mes papiers. Pour ça, bien sûr, il y a l’Existrans, mais elle est totalement invisibilisée. Et par ailleurs, dans la pride, tout ce qui est revendicatif est bien caché par les médias au profit de l’aspect folle à plumes festif. Et après, on aura Martine qui dira que les homos c’est beau et qu’il faut les marier, même si avant elle trouvait que les pédés c’était dégueulasse.

    Bref, je pars dans tous les sens alors je vais en rester là. Je trouve juste que tu as l’attitude la plus juste et la plus saine qui soit : celle qui fait toute la différence entre acceptation (aka j’en ai rien à foutre) et la tolérance (aka je dois faire un gros effort, parce que quand même ce n’est pas naturel)

  3. Joyce
    19 mai 2011

    Alors, déjà a veut dire quoi « bas-du-front »?
    Ensuite que tu critiques que le fait que des assos se mêlent au « Cirque Zavata » montre que finalement t’as pas bien compris ce qu’étais l’essence de la gay pride. Parce que c’est facile de critiquer mais essayer des réfléchir au pourquoi du comment de la chose nécessite plus de temps. Je me trompe peut-être mais à mon avis, tu devrais faire des recherches du côté de Stonewall.

  4. Patapompon
    19 mai 2011

    Comme dit au dessus, la Gay Pride (ou la Marche des Fiertés, en fait), c’est pas uniquement la partie visible de l’iceberg, à savoir les chars bariolés sur lesquels se trémoussent des body-builders, c’est aussi des associations militantes, et c’est la possibilité pour pas mal de personnes de venir « comme elles sont », dans un contexte plus propice à l’affirmation de soi (vestimentairement, etc.). C’est bien beau de dire que le sexe et l’orientation affective, ou l’orientation de genre, doivent être restreintes à la sphère privée… c’est d’ailleurs ce que disent tous les politicards de droite (mais pas seulement) qui refusent de légiférer dans le sens d’une égalité de droits pour tout le monde. Et bien non, dans la mesure où la société dans laquelle nous vivons reste encore hétérosexiste et que la moindre déviance à ce qui est considéré comme étant la norme est considérée comme étant inférieure ou répréhensible, alors être « déviant » devient politique. Tout bêtement parce que cela engage une réflexion sur la société dans laquelle nous vivons et celle dans laquelle nous souhaitons vivre.
    Et tout comme dans chaque manif ayant un but revendicatif on trouve des cons et des connes, ce n’est pas pour autant que toutes celles et ceux qui participent sont du même acabit. L’idée de devoir « donner une bonne image » pour espérer avoir du respect revient à dire, au final, que pour avoir le droit d’exister comme les autres, il faut ETRE comme les autres, surtout pas s’afficher.
    Mais, merde !, est-ce qu’on juge tous les couples hétéros à l’aune des couples de séries télévisées ? Est-ce qu’on demande aux couples qui se roulent des galoches sur les bancs publics de bien vouloir ne pas afficher leur hétérosexualité en public pour pas choquer les autres ?

    Je ne suis pas en train de dire que les Marches des Fiertés sont fantastiques. Elles ont des tonnes de défauts, à commencer par le nom d’ailleurs, et il est vrai que pour beaucoup d’entre elles, elles contribuent à renforcer certains clichés en mettant en avant le côté strass & paillettes et sexualité débridée. Mais réduire les Marches des Fiertés à tout cela c’est se borner à ne regarder que ce que les médias (une bonne partie du moins) – et les orgas dans une certaine mesure – en donnent à voir. A Lille, à la Marche des Fiertés, y a aussi un village associatif : y a des stands qui sont là uniquement pour se faire du blé sur le merchandising, y en a qui font que de la prévention-santé, et y en aussi qui permettent à certaines personnes de s’informer pour la première fois sur les enjeux de ces associations, leur travail, et leurs objectifs.

    Tout ça pour dire, en définitive, que ces Marches des Fiertés peuvent aussi être ce que l’on veut qu’elles soient. Si on y va entre ami-e-s, entre gens qu’on apprécie, et qu’on se contente de défiler pour montrer que, oui, il y a quand même du monde en faveur de l’égalité des droits (mot d’ordre des Marches 2011), et qu’au passage ça permet d’embrasser – ou même de tenir par la main – l’être aimé sans risquer de se faire casser la gueule, je ne vois pas pourquoi, dès lors, on devrait être rangé sous l’étiquette « gros con de Panurge qui aurait mieux fait de rester chez lui ce jour-là, car c’est comme ça que les choses changeront »

    [C’est pas contre toi keupain, mais contre certains éléments du discours dit ici. Et si je comprends tout à fait tes réticences et ton refus d’y participer, je trouve que y a du catalogage assez facile, et au final assez blessant]

  5. nanOuchan
    19 mai 2011

    Je trouve pas comparable les émeutes de Stonewall par rapport à la Gaypride.
    Pour Stonewall, les gens se battaient et manifestaient pour être reconnu et accepté en tant que trans, gay ou autres.
    La Gay Pride ressemble davantage ( pardon l’expression) au défilé des grandes folles : a qui aura plus mis sa langue dans la bouche des gens, à qui aura les plus gros pecs et les faire bouger au rythme de David Caca Guetta, qui aura le short le plus moulant ?

    Je retrouve pas dans la Gaypride une valeur de défense des homo… Loin de là

  6. tagglemovies
    19 mai 2011

    Je pense que tu te prends trop la tête pour pas grand chose. Si t’en a rien a carrer, pourquoi un article long CMB ?
    La gay Pride aujourd’hui c’est davantage une excuse pour sortir dehors et « faire la fête », plutôt qu’une véritable action de revendication d’identité sexuelle.
    Aussi je ne sais pas bien quelles gay pride tu as put faire. Selon les villes le « cirque » est différent. Peut être qu’en côtoyé une « normale » te rendrais plus tolérant et moins prompt a jugé de haut 😉

  7. Duconlajoie
    19 mai 2011

    Faut arrêter le délire, dans la Gay Pride il n’y a plus rien de revendicatif. Et il y a des homos et lesbiennes qui ont horreur de ce cirque Zavatta. Faut arrêter de mettre les gens dans des petites cases.
    Tu es homo ?
    Ouais !
    Donc tu vas à la Gay Pride ?
    Bah non, c’est naze.
    Donc tu n’es pas homo ?
    Bah si…rrr.

  8. Aurelaï
    19 mai 2011

    Hmm. Dernière gay pride que j’ai fait, j’ai vu des mecs de 35 berges qui s’étaient amusés à s’habiller avec les vêtements de leur grand tante, poilus, moches et cons qui déclaraient être gays. J’ai vu deux gamines goths de 13 ans se tenir par la main pour clamer leur lesbianisme alors qu’elles avaient probablement pas encore leurs règles. J’ai vu vieux gay bedonnant qui se baladait avec un string en cuir avec une fermeture éclair devant. Parallèlement à ça, j’ai vu de vraies Drag-queen et… O_O

    J’aime pas la gay pride comme j’aime pas la fête de la musique. Il peut y avoir des choses très bien, mais souvent, c’est l’occasion pour la lie de l’humanité de s’étaler dans les rues. Idem techno parade. Idem manifs de l’Unef.

    Et j’aime la Tapette. Petit cobra ❤

    Comme dirait le Professeur Horreur, "je suis pas homophobe, j'adore Army of Lovers".

    Et bordel, malgré tout ce que vous pouvez dire pour avez lu l'article jusqu'au bout… Et fait gagner à l'auteur 138 visites aujourd'hui. J'devrais traiter les gens de cons, moi aussi, ils viendraient tous sur mon blog.
    Sssssssssssssss!

  9. Patapompon
    19 mai 2011

    Je me permets de revenir sur deux choses lues, avant d’abandonner l’idée de faire valoir mes objections aux quelques points soulevés dans l’article (^.^) :

    NanOu : « La Gay Pride ressemble davantage ( pardon l’expression) au défilé des grandes folles : a qui aura plus mis sa langue dans la bouche des gens, à qui aura les plus gros pecs et les faire bouger au rythme de David Caca Guetta, qui aura le short le plus moulant ? »

    -> Sans comparer (ce que je ne me permettrai pas de faire d’ailleurs) les Marches des Fiertés françaises aux émeutes de Stonewall, je souhaite développer deux points :
    1. Les LGBT Prides n’existent pas qu’en France, et si globalement l’organisation des Marches des Fiertés ne pose pas trop de problème ici, il n’en va pas de même dans de nombreux pays (européens pour commencer), et les discours avant le début de la Marche ou les stands tenus par les asso’ sont un bon moyen de le rappeler, permettant ainsi de sensibiliser un public qui ne s’y serait peut-être pas intéressé autrement
    2. Le fait qu’il y ait des « grandes folles » n’est pas en soi un argument contre ces Marches, je ne vois pas pourquoi les folles seraient moins légitimes que les autres. C’est d’ailleurs déplorable qu’il y ait dans de nombreuses associations LGBT une volonté de mettre les « folles » au placard, suivant l’idée selon laquelle cela donnerait une « mauvaise image » de l’homosexualité. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise images, il n’y a que des individualités qui s’épanouissent comme elles le souhaitent, et si les gens ne sont pas capables de comprendre que l’homosexualité n’est pas réductible à certains types de vie ou de comportement, c’est les gens en question qui sont à blâmer, pas l’ensemble des personnes qui défilent aux côtés des folles ou des body-builders.

    Duconlajoie : « Faut arrêter le délire, dans la Gay Pride il n’y a plus rien de revendicatif. »

    -> Encore une fois, là aussi il ne faut pas réduire la Marche des Fiertés à sa partie festive ou aux chars. Je ne nie pas que certaines orgas aient voulu se déconnecter en grande partie de la visée militante, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas de part revendicative. Et je le sais pour avoir non seulement été chargé de la lecture du discours d’une asso en début de Marche, mais également pour avoir tenu le stand de l’asso durant toute la durée de la Marche au village associatif. Alors, oui, il y en a que ça défrise au sein d’autres associations de voir du militantisme au sein de la Marche, il y en a également que ça défrise au sein des observateurs extérieurs, qui se complaisent dans une image tronquée, biaisée et racoleuse de la Marche.

    M’enfin, je m’arrête là, parce que je finis par défendre les Marches alors que j’ai moi-même pas mal de choses à reprocher à certaines d’entre elles. Je comprends tout à fait qu’on critique certaines tournures des Marches, et qu’on refuse d’y participer, mais foutre toutes les personnes qui y participent dans le même sac et réduire les Marches à ce qu’on croit en savoir, je trouve ça pour le moins déplacé.
    (Bien qu’il me semble plus cohérent de vouloir parler de ces gênes au sein des comités d’organisation, ouverts, plutôt que de dire à ceux qui y vont pour leurs propres raisons que ce sont des artistes de cirque inconséquents, je caricature mais c’est un peu l’idée)

  10. tagglemovies
    19 mai 2011

    Ben pour quelqu’un qui se branlais bien profond de la GayPride, il doit éjaculer de voir autant de réactions/visites sur son p’tit paplard cyber :clown:

    • La Tâche
      20 mai 2011

      Bon, j’comprends bien votre démarche à tous de me dire « c’est pas que nul hein! Y a aussi des choses qu’elles sont bien ».

      Et j’vous réponds : sans dec’?

      Comme je l’ai déjà dit, cet article [sic] est ce que je retiens de la Pride si je ne réfléchis pas deux seconde un peu plus loin que le bout de mon écran télé. Et c’est bien ça qui m’emmerde dans ce putain d’évènement : de ne pas mettre en avant le fond pour privilégier la forme et exhiber [bon gré mal gré] les propres travers de la population concernée.

      L’Patapon a plus que raison en soulignant que : « […]dans la mesure où […] la moindre déviance à ce qui est considéré comme étant la norme est considérée comme étant inférieure ou répréhensible, alors être « déviant » devient politique. »
      Hors de question d’être comme tout le monde pour vivre avec tout le monde [j’avoue que j’suis plus qu’étonné que tu me prêtes ces propos] mais là où, à mon sens, le bas blesse c’est que cet outil politico-médiatique n’est pas correctement utilisé et entretient l’idée d’un réel décalage existant entre les LGBT et le reste du monde [ce fameux « ils ne sont pas comme nous »].

      Si chacun doit pouvoir vivre avec l’autre sans avoir à rentrer dans un moule ça me démange la batte de baseball de voir une communauté « ouverte », où [comme chez McDo’] chacun peut venir comme il est, nous faire défiler tous les clichés rébarbatifs et une tétrachiée de clones se trémoussant sur des chars.
      Et si l’enjeu en est réellement politique [donc social] pourquoi ne pas réellement le présenter comme tel et en faire le pivot de la chose?

      J’ai par contre à rev’nir sur ça : « C’est bien beau de dire que le sexe et l’orientation affective, ou l’orientation de genre, doivent être restreintes à la sphère privée… c’est d’ailleurs ce que disent tous les politicards de droite (mais pas seulement) qui refusent de légiférer dans le sens d’une égalité de droits pour tout le monde. »

      Déjà parc’que je n’ai rien à carrer de savoir qui le dit aussi [arg! Ils l’ont dit, il faut vite que je dise le contraire?] mais surtout parc’que si je maintiens que ceci est quelque chose de privé, je maintiens surtout que l’Etat n’a pas à intervenir donc n’a pas à limiter, sur ce point, la sphère privée des gens…encore moins en créant des disparités légales entre les citoyens.

      ====================================================

      Pour finir : « Mais réduire les Marches des Fiertés à tout cela c’est se borner à ne regarder que ce que les médias[…] ».

      Tout à fait Thierry, c’est être un gros lourd bas-du-front, primaire et nourri au JT. C’est bien le rôle que j’ai pris et celui dans lequel est cantonné une large partie de la population.

      Ça me fait doucement rigoler de voir comment on râle toujours sur ceux qui « suivent les médias », à croire que c’est de leur faute en plus [les cons!].
      Je pense surtout qu’il est du devoir des orgas [qui doivent savoir ce qui sera retransmis à la TV] et des autres aussi, de présenter autre chose aux caméras au lieu de baver sur « ceux qui regardent le JT de TF1.

      On s’étonne que l’autre ne comprenne pas alors qu’on s’exprime mal.

  11. Teg
    23 mai 2011

    la Gay Pride c’est le moment où aux yeux de tous, l’on montre que le schéma réducteur que l’on nous a inculqué pendant des années (l’educ nat n’aborde pas le thème de l’homosexualité dans ses programmes de primaire par exemple « PAPA MAMAN », mais pas le reste, un peu le « NOS ANCETRES LES GAULOIS » du temps de l’empire colonial) n’est peut être pas la veritas absolutas… Fin de l’hétérosexualité comme norme absolue, début de nouveaux schèmes idéologiques.

    Alors honnêtement qu’ils mettent une étiquette PCF sur des phallus pour signaler que chez les cocos staliniens aussi, l’on peut être homo, why not ?

    Par contre outre cet aspect militant, l’idée de voir tous les pervers libidineux du coin parcourir les rues en string me fait quand même penser à un truc. Une image peut être un peu décalée de la sexualité. Note que le SM why not ? Mais ce n’est pas parce que t’as vu un mec en bonne soeur se faire flageller le croupion sur un char proclamant le bienfondé de la chose, sous étiquette « agriculture bio » qu’il faut s’empresser d’apprécier l’idée.

    Un moment l’on est passé du défilé pour faire évoluer les principes idéologiques à un défilé festif mais qui va dans l’extrême inverse, genre c’est tendance d’être homo, bi etc … et que si tu partages pas, t’es pas IN.

    Je comprends du coup la remarque de notre tache nationale, plaisant auteur du lieu, car si on ne badine pas avec l’amour, on ne badine pas avec les principes et les combats. Et jusqu’à présent j’ai pas vu de sans culottes en string prenant la Bastille. Un peu de sérieux s’il vous plaît. Ok Marianne se baladait sans soutif, mais on mettra cela sur le compte de la médiocrité vestimentaire avant Christian Lacroix.

    Et côté combat y’à encore du boulot, mais même les femmes par rapport aux hommes. Et je me dis que ce serait plutôt pas mal un mouvement général de lutte contre toute forme de discrimination. Car homo trans lesbienne … ok … mais aussi sexe, couleur de peau et j’en passe …

    La discrimination ce n’est pas qu’une affaire de position sexuelle.
    DSk serait bien d’accord avec moi…

  12. Uriah
    28 mai 2011

    De toutes façons, les homos c’est pas des gens normaux. Vous vous rendez compte qu’ils forniquent avec des gens du même sexe !

    (hop, je te rameute 200 visiteurs indignés en plus. elle est pas belle la vie ? :clown: )

  13. janine
    10 juin 2011

    La question est: si c’est l’hypersexualisation qui te gêne, est ce qu’elle te gêne autant quand elle est hétéro, 365 jours par an et partout ?

    • La Tâche
      19 juin 2011

      Question pertinente.
      Si tu d’mandes par là « Est-ce que ça t’les brises de voir une nana montrer sa chatte pour vendre du café? »…ouaip. Complètement. Surtout que de base, la pub…Bref.

      A côté d’ça, sur la gay pride, c’est pas tant l’hyper-sexualité qui me gène que la place prépondérante et exclusive qu’elle prend alors qu’elle ne peut représenter la communauté concernée dans son ensemble [putain, j’trouve ça bien dit :=) ]

  14. Delanoire
    30 juin 2011

    Inutile de préciser,que la plupart,hétéros compris,y vont surtout pour faire la fête. Étant moi-même de ce bord là (gay j’entends),je côtoie le milieu de prés et de loin, et à l’intérieur même de ce milieu,la scission entre les gays est impressionnante. D’un coté tu as les mecs « folles » ,épilé jusqu’au bout des doigts de pieds, hyper branché etc. qui se font railler par les mec body buildés ,relativement macho (si…si…c’est possible.) et « VIRIL ». Ou chacun défend ses valeurs pour prouver à l’autre qu’il est plus « homme » que lui. Tous ne passe pas dans ce schéma…mais les « autres » ne sont font simplement pas remarquer, et s’en foutent…malheureusement,ils ne sont que minoritaire dans cette minorité. Alors quand ils se réunissent un jour pour faire croire au reste du monde qu’ils sont hyper -tolérant et tout…ça me fait bien rire. C’est du cinéma pour faire jolie. Sans être pour ou contre les « folles » ou les « virils », on se rend bien compte que dans leurs « cercle » eux même se discréditent et de discriminent. Alors,c’est bien beau de faire croire qu’ils n’y a que des folles au festival rose. Le plus souvent ce sont de faux efféminés qui s’extrapole. Etant moi même relativement maniéré…je n’ai jamais ressenti un quelconque soutien de la communauté pour les personnes dans mon cas. Alors,certain en joue,et le font exprés. Pour d’autre, c’est un vrai calvaire ,quelque part on aimerai s’accepter comme nous sommes,c’est nous,et même avec effort,ce coté là ne changera pas. De l’autre coté,on se dit qu’il faut le changer,parce que même dans la communauté ,c’est la honte d’avoir les cheveux long trés bien soignés , de ne pas rentrer dans le moule « minet » ou « musclé » et de pas être « virils » ou « branchés ». Alors quand on me sort qu’on est pour la tolérance et tout…c’est drôle. Trés drole.
    Pour le reste,ceux qui y participe passivement pour faire la fête ,parfois ne sont même pas pour le mariage gay ou l’adoption. « Tu es pour l’égalité et la tolérance…mais tu vas à la Gaypride en étant contre ces idées là ? » WTF ? Je ne répéterai les idées déjà supposées plus haut, comme celle qui est que la « tolérance » est à la mode. Ou que la Gaypride n’a rien d’un rempart politique ou socio-éducatif.

    A l’heure d’aujourd’hui,c’est une fête pour rigoler, écouter de la techno ,se promener presque à poil dans la rue et se rouler des pelles sur la place publique.
    Évidement je suis pour les idées défendues,la tolérance ,le fait de pouvoir se promener main dans la main avec son copain dans la rue etc. Mais il faut arrêter de se faire passer pour un héros parce qu’on va à la Gaypride…elle a changer beaucoup de chose à l’époque du Stonewall,et elle change encore beaucoup de chose dans d’autres pays aujourd’hui. Mais en France, elle est tout simplement obsolète. Ce n’est en rien grâce à ça que la France sera plus ou moins tolérante à l’égard de la différence de sexualité.

    Une manifestation plus sérieuse,mieux tenue serait sans doute plus efficace,avec de vrais objectifs. Sans extrapoler ce qu’on peut trouver dans le milieu.

    « Marche des fiertés »…fier d’être ce que l’ont est…? J’ai jamais entendu un noir être fier de sa couleur,un juif fier d’être juif ou un chauve fier d’être chauve. Oui,on peut être fier de l’assumer dans une société telle qu’on la connait aujourd’hui. Encore que,on m’excusera mais elle a quand même pas mal évoluée depuis ces dernières décennies,certes,il y a encore du boulot. Mais être fier de quelque chose qui s’est un peu imposé à nous ,je capte pas.

    Le coup d’être bas-du-front (j’entends par là,je m’enfoutiste) n’est pas une si mauvaise chose. C’est une part de tolérance, il me semble de ne soucier que de ses soucis sans se mêler de la vie des autres. « Chacun fait ce qu’il veut »…? Ben,oui. Je suis plutôt d’accord. Ce n’est pas grâce à ce comportement que les choses évoluerons sans doutes…mais ce n’est pas non plus en s’habillant de rose à la Gaypride que ça changera beaucoup également. Cela dit,si tout le monde pouvait prêter à ce genre de jem’enfoutisme , l’égalité serait surement mieux établit,il me parait. Le combat contre l’homophobie se fera comme avec celui du racisme … avec le temps et beaucoup d’efforts,mais pas avec une Gaypride,ça,c’est clair.

  15. martin scriblerus
    27 mars 2012

    J’arrive très tard.

    Je n’interviendrai que sur un seul des arguments évoqués ici: celui de la « fierté », parce qu’il me semble que ce que j’ai a dire sur le sujet pourrait bien profiter à d’autres.

    Longtemps je n’ai pas compris le sens de cette fierté. Je me disais, comme vous semblez le penser aussi: ça rime à quoi de se dire « fier » de son orientation sexuelle? Ou de son origine ethnique? Est ce que je me sens fier d’être hétérosexuel et bien blanc? Non, donc les homosexuels ou les enfants d’immigrés n’ont pas plus de raison que moi d’avancer cet argument.

    Sauf que. De par mon statut de « mec » « blanc » et « hétéro » je me retrouve, quoi que je pense, et même si je pense mal, dans le statut de « citoyen normal ». Triplement. Même si j’emmerde la patrie, le néo-colonialisme, les abrutis islamophobes et les homophobes, même si je critique l’idéologie dominante, même si le patriarcat me sort par les yeux, même si la sexualité des uns et des autres m’indiffère: tant que je ferme ma gueule, en apparence au moins, j’ai le privilège de faire partie des normaux, de ceux qui n’ont jamais à se justifier, aux yeux de la société, d’être ce qu’ils sont – et je n’en ai même pas conscience. Enfin, si, économiquement, vu que je suis chômeur de longue durée et que j’ai presque toujours été plus ou moins pauvre, on me demande assez souvent, tous les jours ou presque, en fait, de justifier mon droit à exister, vu que je ne perds pas ma vie à travailler plus pour gagner plus et que mon zèle a m’insérer est des plus modeste.

    Et donc. Ben, celui qui est considéré comme pas normal se retrouve assigné, nommé, désigné comme tel par les « normaux ». L’Autre, dans tous les discours généreux sur la Tolérance, c’est d’abord la gonzesse le pédé, le black, le rebeu, le musulman, la juive, etc… ce n’est jamais le mec blanc hétéro laïc, hein, vu que lui il est normal, il n’y a pas à le tolérer, ça va sans le dire, on n’a besoin de « tolérer » que ce qui a un défaut, ce qui n’est pas normal, ce qui pose problème – comme on est généreux et humaniste, on lui reconnaît le droit à l’existence malgré son imperfection. Mais on lui rappelle quand même qu’elle ou il n’est pas parfait: femme, homo, black, pauvre, etc. Il y en a qui cumulent leur altérité – femme juive ou musulmane arabe ou noire pauvre et handicapée, par exemple. Salauds de minorités (oui, c’est un des termes employés communément à l’égard des pas normaux)! Pourraient faire des efforts pour s’intégrer, quand même. Mais on ne les lapide pas, c’est dire si on est tolérants (contrairement à d’autres).

    Et donc. La « fierté » homosexuelle, c’est aussi pour ceux qui sont l’objet d’une classification (les hétéros ne l’étaient pas: ils sont les auteurs de la classification) se réapproprier des termes négatifs, discriminants, qui font d’eux des inférieurs de fait – c’est dire « toi, l’hétéro blanc etc », tu es tout autant l’ « Autre » que moi la gouine noire », par exemple, et je peux moi aussi nommer, désigner, je suis tout aussi légitime pour le faire – et je n’ai aucune raison, en matière de préférence sexuelle de m’en tenir aux définitions, aux sens que la normalité hétéro impose.

    Je crois que c’est Christine Delphy (dans « Classer, dominer – Qui sont les Autres » – un excellent petit bouquin que je vous recommande) qui fait remarquer que sur ce terrain là, les homosexuels ont marqué un point: on dit aussi désormais qu’on est « hétéro », autrefois la question ne se posait pas, l’hétérosexualité n’avait pas besoin d’être dite: puisque c’était (et c’est encore) la normalité, il n’y avait que les homos dont on disait la préférence sexuelle. La hiérarchie entre « hétéro » et « homo » – madame Delphy montre très bien comment on ne classe pas sans hiérarchiser – s’estompe, au moins au niveau de ce vocabulaire.

    Et donc. Moi non plus je ne suis pas un enthousiaste de la gay Pride.
    Mais j’ai appris une chose: en tant qu’hétéro, en tant qu’appartenant au groupe dominant, du point de vue de mes préférences sexuelles, je me garderai de faire trop vite aux dominés – les homosexuels pour le coup – l’aumône de mes jugements quant à la façon dont ils combattent cette classification et cette hiérarchie. De même que parce que je suis un homme, je n’irai pas donner des leçons de libérations aux féministes (ça m’est arrivé, il y a longtemps, et je n’en suis pas fier), parce que j’ai mieux à faire: comprendre, regarder en face et combattre ma situation de fait de dominant parce que homme dans une société patriarcale, voilà qui sera nettement plus responsable et pertinent, et qui secondera bien plus sûrement le combat féministe dont je me sens solidaire, ou donner des leçons de combat contre le racisme à ceux qui en sont les premières victimes.
    Et par exemple, je me garderai de reprocher aux noirs, homos, femmes, etc; de faire état d’une fierté liée justement à la raison qui leur vaut d’être discriminés – parce que si je n’ai aucune raison, contrairement à d’authentiques crétins, de me sentir fier d’être né quelque part ou de faire partie des normaux, ceux qui se voient refusés ce confort en ont eux de très légitimes de se réapproprier le pouvoir de se nommer eux mêmes, de refuser et contester la hiérarchisation qu’ils subissent.
    Et l’affirmation de leur « fierté » est un moment d’une contestation avec laquelle je peux être solidaire, mais que je ne peux prétendre penser à leur place.
    Je n’ai pas beaucoup causé ici de la forme que prend la Gay Pride, et je ne le ferai pas de sitôt. Ne serait-ce que, par exemple, parce qu’il y a bien assez à dire sur la fierté homophobe hétérosexuelle et patriarcale qui plastronne 365 jours par an, et qu’il se pourrait que je charrie avec moi sans le savoir un sacré paquet d’impensés, de présupposés et de certitudes héritées directement de ma position dominante dans cette saleté là.

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Cette entrée a été publiée le 19 mai 2011 par dans société, et est taguée , , .

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