Dystopie…

Tout va bien, merci.

Zaki mon ami, t’aurais sans doute mieux fait d’te taire.

Zaki, Zaki, Zaki.

A quelques insignifiantes exceptions près, je n’ai vraiment jamais eu une haute opinion des mecs de Science Po’. Ni des Énarques d’ailleurs.
Le genre de personnes que j’évite même de croiser de peur de voir mon cerveau me couler par les oreilles ou de leur faire un gros bisou avec mon front…mais dont je n’oublie, comme pour nos amis Frontistes, pas l’existence, des fois qu’ils nous pondraient quelque chose de « rigolard ».

Bon pour ceux qui ne savent pas vraiment qui c’est, c’est un Mr. social-libéral [ je sais :=)] qui ne doit son temps de parole qu’a ses potes/réseaux/relais politiques [DSK], patronaux [Renaud] et médiatico-éditoriaux [Hachette / Flammarion/Le Monde]. Un Mr. qui tourne un peu partout pour répéter les mêmes discours affligeant en espérant que ça finisse par rentrer, un intellectuel à la traine..bref, allez voir sur ACRIMED.

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Zaki mon ami, tu n’as point trahi mes espoirs en pondant ce truc chez Le Monde.

Dès le titre, mon petit sourcil droit s’est mis à doucement me taquiner tant il présageait de quelque chose de grandiose. Bénéfice du doute et curiosité morbide aidant, j’ai été au bout, et je n’ai pas été déçu.

Ça dit, en gros [et arrêtez moi si je me carre le doigt dans l’œil] que la mondialisation/ouverture des marchés/libéralisme mondial c’est pas super-populaire, ça dit « pourquoi » et ça trouve quand même le moyen de nous dire que ceux qui sont contre sont des gros cons qui n’ont rien compris parc’que d’façon c’est comme ça et qu’on peut aller en arrière et que si on avait pas ça on crèverait tous de faim comme des pauv’ roumains du métro. Le tout avec les sabots de la Mère Denis, moult Lapalissades et quelques perles qu’un bachelier aurait eu honte de commettre.

Je sais, c’est drôle et affligeant, mais détaillons, pour les ceusses qui n’auraient pas lu « l’article ».
Extraits choisis.

Une récente étude a confirmé une fois de plus l’exceptionnelle impopularité auprès de l’opinion publique française de l’ouverture des marchés […]

Comment expliquer une telle méfiance de l’opinion vis-à-vis de l’ouverture des marchés ? Pourquoi, néanmoins, la démondialisation est-elle une idée absurde qui n’a de surcroît aucune chance de voir le jour ? Comment, néanmoins, répondre politiquement aux problèmes sociaux que pose l’intensification de la globalisation.

[…] l’ouverture des marchés n’est pas socialement neutre. Elle crée des gagnants et des perdants. Les gagnants, ce sont évidemment les consommateurs, c’est-à-dire nous tous, ainsi que les personnes qualifiées travaillant sur des créneaux spécialisés, tandis que les perdants sont souvent les travailleurs non qualifiés des secteurs à faible valeur ajoutée faisant appel à une forte main-d’œuvre substituable.

[…]au sein même des gagnants, la répartition des gains de la mondialisation demeure très inégale. Les multinationales en profitent plus que les petites entreprises et les actionnaires bien davantage que les salariés.

50 % de la valeur ajoutée d’Airbus et de Boeing proviennent de sous-traitants qui se situent à travers le monde. Ce qui veut dire que beaucoup de sous-traitants français profitent de la fabrication de Boeing, tandis que beaucoup de sous-traitants américains profitent de la fabrication d’Airbus ! En achetant plus d’Airbus, on ne protège pas nécessairement plus l’emploi européen. Ce seul exemple démontre l’absurdité de la thèse de la démondialisation

Sur la régulation financière, les progrès sont ambigus et limités, malgré l’ampleur de la crise financière. A travers l’affaire grecque, on voit d’ailleurs que certains États, dont la France, continuent à vouloir protéger les banques, ce qui montre à quel point nous continuons à vivre dans une économie où les gains financiers sont privatisés, mais où les pertes sont socialisées.

La démondialisation, c’est la thèse de la préférence nationale appliquée à l’économie. Elle est économiquement inefficace et politiquement effrayante.

En passant sur le fait que l’illustre inconnu qui a fait cette « récente étude » n’a eu qu’à tendre l’oreille à sa fenêtre pour nous la sortir et qu’à l’Ouest, rien de nouveau on enchaine les portes ouvertes pour nous décrire par le menu, et très simplement, que tout ça n’est qu’un joyeux bordel, que comme dans tout jeux il y a gagnants et perdant [donc si t’es pas content, joues pas] mais qu’en même temps on peut changer de jeu et que c’est marches ou crèves espèce de sous-éduqué-qui-n’a-rien-compris-alors-fais-moi-confiance.

Si il t’as fallu, Zaki, attendre d’être Directeur de Recherche à Science Po’ pour nous pondre ce truc de collégien, il y a un réel problème.
Mais si tu espères que ton titre justifiera les horreurs que tu oses poser comme naturelles, et que tous ceux qui te liront goberont le tout et accepteront ce ton condescendant de Papa-parlant-à-son-gamin-débile  tu te fourres le gros orteil dans l’œil.

Tu as quand même l’effronterie de faire semblant de t’étonner que cette mondialisation galopante ne soit pas encensée quand, oui, justement les perdants sont ces fameuses personnes peu qualifiées, substituables et a faible valeur ajoutée et que la part des emplois précaires augmente presque sans relâche en France [comme dans tout l’occident]  depuis 30 putains d’années [soit depuis le début l’envol de cette mondialisation dans les 80’s], tout comme le nombre de SMICards, le nombre de chômeurs et au bout de la chaîne, celui de S.D.F et de mal-logés [rapport fondation Abbé Pierre 1 & 2]. D’ailleurs, Sarko n’avait pas un peu ouvert sa gueule la d’ssus en 2006?…Bref. Les populations ont peur et certains voudraient tout arrêter, par ignorance ou part délire malsain extrême-droitiste.

Y’a de plus en plus de perdants [comme tu es sensé le savoir], tu ne devrais donc pas t’étonner que tout ça ne passe plus comme dans du beurre.
Tu ne devrais pas non plus nous jouer la surprise quand tu nous affirmes juste derrière, comme une fleur, que « les gains sont privatisé et les pertes socialisées ».
Tu ne devrais pas tenter de nous faire croire qu’il n’y a qu’une seule alternative viable [la dérégulation financière], même si en effet, le modèle du XIXème n’est ni possible ni souhaitable.
Non tu ne devrais pas, et j’en déduis donc que tu joues au con.

Et si tu joues au con, tu confirmes la faible opinion que j’ai de ta clique et justifie mon envie de vous faire tous bosser à l’usine pour que vous compreniez ce que c’est et essayer de vous coller un minimum de compassion.
Ce que tu nous donnes, c’est l’approche libérale de base dans un discours bancal visant a faire adopter part ceux que tu méprises visiblement une approche comptable de la vie humaine. Cette approche qui résume tout sous forme de chiffre et vérifie que le total est supérieur à zéro.

Si la mondialisation était initialement vendue comme le moyen de niveler l’économie mondiale, d’aider les pays les plus pauvres elle n’a fait que couper les jambes aux ex-Grandes Puissance pour remettre le pouvoir aux mains des Grandes Entreprises en asservissant les plus pauvres en échange d’un verre d’eau et d’une parabole satellite. Sans aller jusqu’à « démondialiser » il faut sortir de cette vision de la chose pour adopter celle qu’elle devrait moralement prendre, à savoir d’aider l’Autre et de ne pas laisser certains à la traine. Il faudrait rendre le pouvoir à ceux qui devraient normalement l’exercer [donc surement pas nos amis du NASDAQ ou d’un autre indice] en foutant, comme des chatons en cours d’éducation, le nez de ses connards dans leur propre pipi et les yeux dans leurs responsabilités.
C’est techniquement possible, mais de ton point de vue, pas souhaitable non plus n’est-ce pas? Pas souhaitable et même terrorisant de se dire que l’on pourrait mettre plus de monde sur le même podium et que tu risquerais, avec les autres, de ne plus te retrouver dans cette « élite » qui « sait » et qui « décide ».

Parc’que les gens sont plus qu’un rapport financier Entrées/Sorties, parc’que si tu n’étais pas un robot tu devrais défendre la régulation des marchés, t’insurger contre la machine à fabriquer des pauvre qu’est le système actuel, tu devrais rager contre cette « socialisation des pertes » et utiliser ton cerveau pour autre chose que la défense ridicule d’une saloperie sans nom dont le principe même la condamne à disparaitre…pour tout ça tu as entièrement gagner le droit de ne plus l’ouvrir et de disparaitre séance tenante.

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Un commentaire sur “Zaki mon ami, t’aurais sans doute mieux fait d’te taire.

  1. Teg Miles
    12 juillet 2011

    Je vais passer pour le gauchiste de service, mais je suis assez d’accord sur un point justement : « les gains sont privatisé et les pertes socialisées ».

    Je ne comprends pas pourquoi les banques sont venues quémander de la maille à l’Etat alors même qu’elle refuse sa tutelle en toute occasion. A dire vrai les deux acteurs n’avaient pas le choix : l’Etat a accepté que les banques prêtent ce qu’elles ne possédaient pas, pariant qu’il serait improbable que tous ses clients viennent en même temps retirer leur argent. Dommage c’est arrivé. Du coup panique générale, il faut enrayer la situation, compenser les pertes et faire tourner la machine à billet (mais pas trop à cause de l’inflation) au cas où.

    Mais surtout que ces mêmes banques sauvées de justesse, par l’ardeur populaire non interrogée sur la question, s’amusent derrière à augmenter ses taux d’intérêts lorsqu’elles prêtent du pognon aux Etats et aux particuliers, je trouve que cela fait quand même un peu mauvais joueur. D’autant que la BCE a conservé ses taux extrêmement faibles, ce qui fait que les taux des prêts qui s’envolaient ne servaient pas à compenser le « prix de l’argent », mais bien les actionnaires.

    Alors oui, le risque étatique et bancaire se trouve sollicité sur la masse qui elle ne fait pas de défaut de paiement puisque l’on la saigne jusqu’à l’os.

    De là à parler de dérégulation pure (d’ailleurs qui sait ce que c’est véritablement) et jouer au franc tireur FN ravi de pouvoir affirmer la fausseté cachée de ses thèses, il n’y à que quelques pas. Mais il y à quand même là un problème intéressant sur plusieurs plans :

    1) Idéologique : le libéralisme ne marcherait que dans un sens ? S’il y à profit, il y à libéralisme : casse toi l’Etat. Si pas de profits, ô mon copain l’Etat !!! bande de pourris, assumez donc vos positions jusqu’au bout !!!!

    2) Politique : ce genre de conneries sert les extrémistes et ressort de sa boîte un vieux nationalisme plus usé qu’un uniforme de soldat prussien.

    3) Economique : ô joie de la liberté, l’on peut tout faire, le bas peuple va payer !

    4) Individuel : mon banquier = mon salop de copain. Mais a-t-on le choix ?

    Alors Zaki ou pas, on peut rêver qu’un jour sa prose soit meilleure, mais il n’en reste pas moins un vaste débat intéressant sur le fondement même de son article. Je note sa dichotomie gagnant-perdant, lui au moins pointe du doigt que le capitalisme n’est qu’un idéal de domination justement, et que sa révolution passera pas la destruction de ce sentiment conscient et inconscient.

    Ce n’est déjà pas si mal. Dans 10 ans, on aura un discours vraiment pertinent !!

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Cette entrée a été publiée le 9 juillet 2011 par dans haine ordinaire, Les Affaires de la Ville, société, et est taguée , , , .

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