Dystopie…

Tout va bien, merci.

#Greece….Round Two! Finish Him! Et acceptons enfin la faillite!

On papote on papote mais l’temps passe hein? Et depuis juillet 2011 de l’eau a coulé sous les ponts et de la vaseline entre les fesses de la Grèce. Suite d’un tabassage en règle.

Si vous avez un peu de mémoire et que vous « vous tenez au courant » vous vous souvenez de ce qu’est le FMI, des annonces »rassurantes » tenues tout au long de l’année dernière pour bien faire comprendre à tout le monde que nos amis du Sud-Est de l’Europe allaient être sauvés par leurs voisins et coreligionnaires, que t’inkiètes-on-gère y’aura pas de faillite du pays tout ça tout ça
Si vous suivez toujours vous vous souvenez aussi de moi, du Yéti, des Monsieur sur Rue89, p’tete même du CSP et de tous les autres qui hurlaient à l’esbroufe, à l’échec programmé des plans de sauvetage et, au final, à la mise à mort pure et simple d’une nation déjà dans la merde.

On avait raison.
Comme d’hab’, ou presque.

Aujourd’hui, la situation a empiré et l’UE continue de tabasser un homme à terre pour lui ponctionner ses derniers deniers en espérant au final (1) ne pas finir dans la même merde et (2) ne pas arriver à un constat d’échec généralisé qui ne ferait qu’aggraver la situation politique, sociale et [toujours] économique de chacun des concernés : c’est à dire tout l’monde.

Que s’est-il passé [en gros résumé] depuis le début de cette crise? Quatre choses.
Premièrement, le suicide des grecs lors de la signature du Memorandum du FMI [dont il s’avère aujourd’hui que ces cons ne l’avaient pas lu] qui « oblige » tout simplement le signataire à devenir définitivement l’esclave sexuel de ceux qui voudront bien lui filer des thunes, ensuite  le défonçage et l’intimidation en règle de la Grèce par les plus forts de la zone Euro et les plus grands possesseurs de la dette à coup de menaces et force brute, troisièmement, l’injection répétée, aveugle, malsaine, contre-productive et forcée de centaines de milliards d’€uros-pesos dans les tuyaux pour sauver le bonhomme et rassurer des marchés qui au mieux n’y croyaient qu’à moitié [donc en fait sauver nos banques/nos finances/notre cul], et enfin : l’annulation d’une partie de la dette. Connerie sur laquelle je reviendrai plus tard.
Tout ça pour rien, en fait.

De tous les côtés un comportement que je ne peux, en étant vachement beaucoup très gentil, que qualifier d’irresponsable.

Qu’est-ce qui aurait dû se passer, pourquoi ça ne s’est pas passé comme au pays des Bisounours et où est-ce qu’on en est rendu, maintenant?
[Pour la suite, gardez bien à l’esprit que je ne suis vraiment pas économiste, et pas plus politologue]

=======================================================

La Grèce aurait dû, à mon sens et au pays de candy, annuler complètement sa dette et ses voisins [nous], l’accompagner et la soutenir dans sa démarche d’émancipation.
Déjà, les États ont le privilège de pouvoir annuler leurs dettes si ils le décident. Ça n’est vraiment pas arrivé souvent dans l’histoire parc’qu’au final peu rentable. Entendre que nos pays ont besoin de s’endetter et que s’ils remboursent leur dettes, c’est pour pouvoir s’endetter encore plus et donc faire fonctionner leur machine interne [je sais, c’est quand même un peu débile mais bon]. De fait, refuser de payer, c’est se voir privé de liquidités externes, donc de [selon le cas] se tirer dans l’pied,  finir sur la liste noire des préteurs voire, dans le pire des cas si l’État en question est politiquement faible : finir à terme sous tutelle du FMI ou d’un autre. Cependant, lorsque la dette est trop lourde [comme celle de tous les pays d’occident ou presque en ce moment] refuser de payer pour sauver son slip et dire aux autres « Et tu vas faire quoi maintenant, connard? » peut être salvateur. Dans le cas présent, le soutient politique [et à moindre mesure, financier] des membres de l’Europe et du Fond Européen aurait basiquement contraint tous les pas content [à savoir, en fait, les banques/assureurs/fond d’investissement] à faire avec, parc’que pas l’choix [c’est pas que, mais le vieux continent, lorsqu’il fait bloc, peut sérieusement peser dans la balance]. Ils auraient chouiné, tapé du poing et du pied, mais n’auraient rien pu faire parc’que la plupart des plus importantes économies de la planète leurs auraient dit d’aller se faire foutre.
Faire ça aurait, je pense, évité l’intervention du FMI et le déversement d’autant de billets à fond perdu.

Malheureusement, nous [France, Allemagne et autres] ne sommes ni dans un monde gentil, ni désireux d’aider notre prochain par pur altruisme même quand cela est possible, ni volontaires pour sortir du système économico-politique qui nous gouverne aujourd’hui et les Hellènes souffrent de déficit primaire [aujourd’hui entre 9 et 10.5% du PIB soit environ 22/23 milliards d’€ en se basant sur le PIB 2011]. Autrement dit : même si l’on avait effacé l’entièreté de la somme due, le pays serait resté dans le rouge et aurait dû (1) se faire renflouer tout en (2) coupant quand même dans ses dépenses. Bon, on ne dira pas qu’il aurait pu à partir de là couter moins cher à l’Europe [« seulement »  20M] et qu’il aurait pu emprunter à taux extrêmement bas auprès de la BCE…on serait mauvaise langue.
A part ça, il ne faudrait pas oublier que le but de tous, c’est de sauver ses miches. De fait, soutenir dès le départ la Grèce dans un effacement total de son fardeau aurait eu les conséquences suivantes :

  • Forcer les banques [premiers fouteurs de merde, en fait] à éponger leurs conneries mais surtout à déclarer des pertes énormes donc à soit faire à leur tour faillite soit se faire racheter par X ou Y [état ou concurrent] soit, au mieux, être tout simplement un peu plus dans la mouise.
  • Établir un constat d’échec politique et économique quant au système dans lequel nous baignons forçant peu ou prou les états à le tempérer ce qui reviendrait à kicker la droite du pouvoir, ce qu’elle ne veut pas. La salope.
  • 30% de la dette étant détenue par d’autres pays, ceux-ci auraient également été obligés de déclarer des pertes…j’vous fait pas de dessin.

En injectant des liquidités, en ne soutenant pas leur voisin en perdition et en le pressurant comme un citron l’UE évite un autre désagrément et se permet par la même occaz’ d’écraser les burnes d’un homme déjà à terre et en sang.
Explications.

En Octobre 2011 a été décidé l’annulation de 50% de la part de la dette détenue par des bailleurs privés…soit 50% de 70% du montant total…soit 35% réels [ce qu’on ne vous explique pas]. C’est déjà pas reluisant, mais là où ça sent réellement mauvais c’est quand on comprend comment ça marche ==> Les banques ne sont pas spécialement chaudes pour essuyer 100 milliards d’euros de pertes sèches ils échangent donc les bons grecs du Trésor qui valent, en vrai 0€, vu que la Grèce ne peut pas payer contre de nouveaux bons qui valent la moitié de ce que valaient les anciens….mais avec des taux d’intérêts bien plus forts et une clause de meilleure fortune : la perte sur le capital est contre balancée par le fait que la Grèce payera plus d’intérêts avec des conditions horribles. En clair, les créanciers troquent 1 billet de 100 qui vaut peau d’balle contre 1 billet de 50 que l’Europe garantit [à travers le FESF] et qui a donc sa pleine valeur. Ce nouveau billet sera remboursé avec plus d’intérêts que l’ancien et si jamais les affaires du pays revenaient dans le vert…et ben on annulera une partie de l’annulation. Tout le monde est content.
Sauf les premiers concernés évidement, vu qu’on spécule autant sur leur mort définitive que sur leur rétablissement et que dans les deux cas, tant qu’ils jouent le jeu des financiers, ils seront perdants.

Ça, c’était pour les burnes. Reste l’effet domino.
Ce que tout le monde redoute bien plus que la rébellion du copain méditerranéen c’est la réaction en chaîne : que le Portugal, l’Espagne, l’Irlande et l’Italie décident eux aussi de ne pas payer en se servant de la Grèce comme d’un « précédent ». Faire durer le plaisir et la descente aux enfers permet aux bailleurs de fonds ainsi qu’aux plus forts de la zone Euro d’essayer de faire de la situation actuelle un cas d’école, un cas à part. Le message est donc envoyé à tous les autres qu’ils n’ont rien de comparables avec la patrie de feu-Platon : leur a-t-on filé autant de thunes et a-t-on mobilisé autant d’énergie, de temps et de médias pour eux? Non? Alors c’est que pour eux, rien n’est désespéré et qu’en fait, il s’en sortiront bien.Voilà. Merde. Non mais sans blagues. Plus simplement : la défection de ces quatres zozos en plus de celle de celui dont on parle depuis le début provoquerait juste la jolie implosion de la finance actuelle.

Bref.

=======================================================

Il est clair que l’état actuel des choses était prévu [ou au moins prévisible, vu que l’on parle d’une faillite grecque depuis déjà des mois] et que la seule solution à la sortie de la crise est l’accompagnement des grecs hors de leur merde.
Déjà parce que ça dure depuis trop longtemps et que c’est de plus en plus lourd à porter. Ensuite, parce qu’il s’agit de la seule solution à mon avis responsable et viable pour redresser la barre de tout le monde et tenter de repartir [si tant est que ce soit possible] sur une base moins mauvaise.

Nos gentils gouvernementaux devraient arrêter de diaboliser les victimes par de petites piques comme celles de Christian Noyer [gouverne de la banque de France], je cite : « Il faut que les Grecs s’aident eux-mêmes. Il n’y a pas moyen de faire autrement, on ne se redresse pas sans efforts ». Vas-y connard, vas-y dire aux millions de chômeurs et à tous les précaires/nouveaux précaires qu’ils ne font pas d’effort. Vas-y leur dire qu’ils n’ont pas travaillé assez, qu’ils sont responsables de leur malheur alors qu’ils n’ont jamais eu le choix d’autre chose que ton système merdique qui leur a déjà fait à l’envers et leur remets le couvert une seconde fois maintenant….vas-y, et si tu reviens en vie, je te fait des bisous sincères sur tous tes orteils.

Notre système est une ploutocratie et de plus en plus de monde commence a sincèrement s’en rendre compte.
Aussi fou que cela puisse paraitre aux ministres des finances de l’Europe entière et du monde avec : assécher un pays déjà en pleine asphyxie n’est que le meilleur moyen d’opposer les peuples autant à leurs (soit-disant?) représentants, autant les uns avec les autres et donc de continuer de tailler en pièce une cohésion sociale déjà bien entamée au niveau national [et quasi absente au niveau Européen global].

Bref, si vous n’allez pas avec les peuples, les peuples iront forcément, un jour ou l’autre…droit dans votre gueule.

Publicités

3 commentaires sur “#Greece….Round Two! Finish Him! Et acceptons enfin la faillite!

  1. r0d
    13 février 2012

    Bonjour,

    afin d’étoffer votre argumentaire, vous auriez pû parler de l’Islande, qui a annulé sa dette il y a deux ans et qui est aujourd’hui un des pays les plus en forme économiquement de la zone euro.

    Je me permet ce commentaire car il faut qu’on en parle, de ce qui se passe en Islande, c’est vraiment primordial. Bien évidemment, les médias classiques n’en parlerons pas, car (je vous cite) « Ce que tout le monde redoute […] c’est la réaction en chaîne ». Et c’est justement la raison pour laquelle nous devons parler de l’Islande, dans le but de générer cette réaction en chaîne. Certaines associations (attac apr exemple) et partis politiques (IU en Espagne par exemple) commencent à s’engouffrer dans cette brêche. Nous devons les aider!

    • La Tâche
      13 février 2012

      Je concède que j’aurais même pu écrire un livre sur la situation globale de l’Europe et même de l’économie occidentale mais le problème est justement qu’il s’agit d’écrire un livre et pas un article. 😉

      Plus sérieusement, la situation Islandaise n’est pas vraiment comparable avec celle de la Grèce [et des autres] pour les deux raisons suivantes :
      – l’économie Islandaise était/est saine [budget excendantaire en 2007]
      – la crise Islandaise n’est pas dû à sa dette souveraine mais aux dettes privées du secteur bancaire.

      L’Etat, en lui même, n’est donc au fond débiteur de personne a juste décider de ne pas rembourser les dettes privées parc’qu’il ne faut pas déconner quand même.

      La Tâche

  2. Teg
    10 mars 2012

    Notez aussi que les Etats ont accepté de créer des emprunts d’Etat et de certifier leur « très bonne » qualité, incitant les banques à les acheter pour financer des bricoles nationales (et plein de trucs qu’on verra jamais).

    Pour ma part il y à responsabilités partagées car les Etats ont vraiment joué les enfoirés. Du coup les banques se vengent et mettent en la balance la destruction du système bancaire, donc la faillite générale (si les banques ne peuvent récupérer leur pognon les actionnaires les lâchent, les épargnant retirent leurs billes et là découvrent que ces salopiots de banquier n’ont qu’un cinquième au max 1/3 de disponibilités matérielles. Ex : Argentine) donc la ruine de tous.

    Du coup entre faire payer quelques pauvres qui n’ont rien demandé et jamais rien fait et devoir supporter un peu les conséquences de leurs actes, le choix fut vite fait.

    Politiques et financiers doivent être accusés, et des coupables doivent connaître la joie de quelques moroses cellules humides, histoire de ne pas méconnaître ad vitam eternam leur obsession de l’enculage à sec avec gravier.

    C’est surtout la très grande victoire de l’autonomie financière. Un monde indépendant en fait qui se base (c’est le plus beau) sur des hypothèses liés à des perceptions subjectives d’un évènement donné. Tout cela sur fond de règles et mécanismes, censés en faire une forme de science occulte et lui donner cette réalité indépendante qui fait dire : on en peut rien faire, c’est ainsi. Genre l’économie on ne peut pas l’arrêter. C’est une création humaine mais soudainement la voilà divinisée, transcendée, descendue du ciel comme le Père Noél dans la F1 d’Alesi. A fond à fond à fond et tant pis pour les barrières…

    C’est à mon sens le plus dangereux, car désormais l’économie est vraiment toute puissante et les gouvernements sont même prêts à risquer leur peau (et surtout celle des autres) pour cette création humaine devenue folle et autonome.

    On croit rêver !!!!

    Ben en fait non …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 12 février 2012 par dans Les Affaires des autres, société, et est taguée , , , , , , , .

Lecteur, Lectrice, tu m'aimes mais le RSS t'emmerde et tu ne veux quand même pas louper mes dernières bavures? Abonnes toi en entrant ton email [et c'est Gratuit]!

Rejoignez 57 autres abonnés

Et oui….moi aussi.

  • @vueling inside Fight VY8016...blocked since 40mn on BCN tarmac with no info whatsoever, and no com' from crew. Cheers. 3 months ago
%d blogueurs aiment cette page :